Histoire de la fédération

Le Parti Socialiste actuel se situe dans la filiation historique de la SFIO (Section Française de l’Internationale Ouvrière).

Dès le début du siècle, elle s’est dotée d’un journal « Le Combat » qui paraît encore toutes les semaines aujourd’hui. Dans les Côtes-du-Nord, l’histoire du PS est liée à l’émergence d’un PSU (Parti Socialiste Unifié) fort, représentatif pendant quinze ans du mouvement socialiste départemental ; une belle histoire construite par des femmes et des hommes passionnés qui ont porté notre département «en haut, à gauche».

L’après-guerre et le début des années 50 avaient vu la constitution d’une SFIO active sous l’impulsion d’un professeur, à l’accent rocailleux de son Auvergne natale, Antoine MAZIER. Son charisme, sa volonté permanente d’expliquer et de convaincre, sa puissance de travail, en avaient fait un leader incontesté, bien au-delà du Parti. C’était l’époque où la gauche non communiste devait se battre pied à pied pour constituer une alternative crédible à la droite dominée dans ce département par René PLEVEN. Antoine MAZIER a littéralement ratissé toutes les communes du département pendant des années, devenant à deux reprises député.

Une trame de militants aguerris s’est ainsi constituée dans la lutte, trame qui allait peser lors de la scission de 1958. En 1958, sur fond de guerre d’Algérie, Guy MOLLET accepte l’appel à de GAULLE. Après l’envoi du contingent en Afrique du Nord, c’en est trop pour une partie des socialistes. Avec Edouard DEPREUX et Michel ROCARD, ils créent le PSA (Parti Socialiste Autonome). Plus de 90% des militants des Côtes-du-Nord intégrent le PSA, puis le PSU en 1960.

Pendant quatorze ans, les résultats électoraux l’attestent, le PSU sera le mouvement socialiste conquérant de ce département. En 1959, Antoine MAZIER met en œuvre une grande première nationale : la constitution à Saint-Brieuc d’une liste municipale comprenant des socialistes, des communistes et des chrétiens de gauche. Notre conviction collective que seule l’union peut faire gagner la gauche doit beaucoup à cette démarche de 1959, confortée en 1962 par la victoire municipale de Saint-Brieuc.

C’était déjà la naissance d’une exception costarmoricaine, avec l’élection d’Yves LE FOLL aux législatives de 1967. En 1972, le PSU soutient les grévistes du Joint Français, grève qui marquera profondément l’histoire de la gauche et des syndicats costarmoricains. L’exemple de notre département ne peut être transposé au niveau national : le PSU, remarquable laboratoire d’idées et formateur de militants actifs, décide à la majorité de rejoindre le PS aux Assises du Socialisme en 1974.

Dans les Côtes-du-Nord, c’est à nouveau la quasi-totalité de la fédération qui se joignit au nouveau PS né à Epinay trois ans plus tôt dans la continuité de la FGDS. Nos deux formations fusionnaient avec enthousiasme leurs forces militantes, le PSU apportant l’hebdomadaire socialiste, «Le Combat».

Ce dynamisme de la gauche se traduit également en 1973 par l’élection à l’Assemblée Nationale du jeune Charles JOSSELIN qui, à la surprise générale, bat René PLEVEN, puis en 1976 par le basculement du Conseil général, dont il sera le Président jusqu’en 1997.

La fédération départementale du Parti Socialiste connaissait un fort développement. La vie militante y était rythmée par une vivifiante réflexion au sein des courants de pensée représentés essentiellement par les « rocardiens» et les «poperenistes», et aussi par une participation active au sein du BREIS, l’union régionale du Parti socialistes en Bretagne. C’est de celle-ci que s’inspire le PS au niveau national en mettant en place quinze ans plus tard les unions régionales dans toute la France.

Cela ne fonctionnait pas si mal puisque, outre le Conseil général et de nombreuses villes et communes, les socialistes représentés à l’Assemblée nationale par Charles JOSSELIN et Pierre JAGORET réalisaient le «grand chelem» en 1981, en faisant élire avec eux Didier CHOUAT, Yves DOLLO et Maurice BRIAND, performance rééditée en 1988, Pierre-Yvon TREMEL ayant succédé à Pierre JAGORET à Lannion. Cette belle envolée costarmoricaine prendra toute son ampleur avec la nomination de Charles JOSSELIN comme Secrétaire d’Etat aux transports en 1983, puis à la mer en 1986. Parallèlement, Claude SAUNIER rejoignait René REGNAULT au Sénat en 1989.

Malheureusement en 1993, la vague bleue épargne seulement la circonscription de Dinan. Mais les Côtes d’Armor retrouvent lors de la dissolution en 1997 puis la victoire de la Gauche plurielle conduite par Lionel Jospin, une belle dominante rose avec l’élection de Danielle BOUSQUET, Didier CHOUAT, Alain GOURIOU et Charles JOSSELIN à l’Assemblée nationale. Appelé au gouvernement comme Ministre à la coopération et la francophonie, Charles JOSSELIN devra, à la demande de Lionel JOSPIN, quitter à regret la présidence du Conseil général, à laquelle lui succédera Claudy LEBRETON.

En 1998 et 2001, les élections locales voient les socialistes dans le désarroi avec les défaites aux élections municipales à Saint-Brieuc et Loudéac, malgré les belles victoires aux cantonales de 1998 avec la conquête de 9 sièges et la perte de plusieurs cantons en 2001.

Les résultats des régionales de 1998 s’avèrent très serrés. La gauche effectue une belle remontée, mais n’évite pas l’éparpillement. En Côtes d’Armor, la liste conduite par Marie-Reine Tillon ne remporte que 7 sièges à l’Assemblée régionale.

En 2002, c’est le drame, Lionel Jospin candidat socialiste arrive troisième au 1er tour des Présidentielles derrière le candidat du Front National et celui de la droite. La gauche perd la circonscription de Loudéac, mais emmènera tout de même 4 députés socialistes à l’Assemblée nationale, Danielle Bousquet, Jean Gaubert, Marie-Renée Oget et Alain Gouriou.

À la suite de ce séisme du 21 avril 2002, de nombreux nouveaux adhérents, dont de nombreux jeunes de moins de 40 ans, viennent renforcer les rangs du Parti. Un grand « débat militant » s’engage dans les sections en vue de la préparation du Congrès de Dijon des 16, 17, et 18 Mai 2003. La nature et l’ambition du Parti sont définies comme un réformisme de gauche.

En 2004, La gauche remporte l’élection régionale avec 58,80% des voix pour la liste « Bretagne à gauche, Bretagne pour tous » conduite par Jean-Yves Le Drian. En Côtes d’Armor avec 62,20% des voix, la liste de gauche envoi 13 costarmoricains dont 8 socialistes au sein de l’Assemblée régionale. Aux côtés de Jean-Yves Le Drian, Michel Morin et Georgette Bréard deviennent Vice-président de la nouvelle assemblée de Bretagne. Parallèlement aux régionales, l’élection cantonale de 2004, voit les socialistes contrebalancé les résultats de 2001 avec la conquête de 3 cantons (Corlay, Paimpol et Plouha) et une seule défaite, le canton de Loudéac.

 

L’élection présidentielle de 2007 est marquée par de très bons résultats de la gauche sur le département en désaccord avec les résultats nationaux qui voit l’élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République. En Côtes d’Armor, Ségolène Royal remporte 55.53% des voix au second tour. Quelques semaines après, la gauche conserve ses 4 sièges à l’Assemblée nationale. Danielle Bousquet, Jean Gaubert et Marie-Renée Oget réintègrent les bancs du Palais Bourbon avec la nouvelle députée de la circonscription de Lannion, Corinne Erhel.

Les cantonales de 2008 sont extrêmement disputées. La majorité progresse d’un siège, mais la droite se défend bien, surtout au Sud et à l’Est. Si la gauche enlève quatre cantons (Bégard, Gouarec, Lamballe, Tréguier), la droite lui en reprend trois (Merdrignac, Pléneuf-Val-André, Uzel). Le grand perdant de ce scutin est le PCF. S’il souffle Bégard à la droite, deux autres cantons lui passent sous le nez au profit du PS: Callac et surtout le fief ouvrier de Ploufragan.

La même année aux élections municipales, les socialistes emportent plusieurs municipalités, notamment : Plérin, Pléssala, Pordic, Plouha, Hillion, Binic et Mûr-de-Bretagne. Les victoires dans l’agglomération briochine, permet à la gauche de gagner la majorité au sein de la Communauté d’Agglomération.

Dans la même année, les élections sénatoriales démontrent l’assise de la gauche en Côtes d’Armor. La liste « Ensemble à gauche » composée des socialistes Jacqueline Chevé (56,95%), Yannick Botrel (57,69%) et du communiste Gérard Le Cam (54,83%) est largement élue. Jacqueline Chevé devient ainsi la première femme sénatrice des Côtes d’Armor.

Aux élections régionales de 2010, la péninsule bretonne reste à gauche. Jean-Yves Le Drian réalise un score sans appel, avec 50,27% des voix lui permettant d’obtenir une majorité de 52 sièges face à une liste de droite et celle d’Europe Ecologie. En Côtes d’Armor, la liste de gauche conduite par Thierry Burlot obtient 52.90% des voix et installe 11 élus costarmoricains dont 8 socialistes.

Au lendemain, du premier tour des régionales, Jacqueline Chevé décède d’une longue maladie à l’âge de 48 ans. La première sénatrice des Côtes d’Armor est remplacée au Sénat par son suppléant, le maire de Plérin, Ronan Kerdraon.

L’année d’après, les élections cantonales voient la gauche perdre 3 sièges au profil de la droite (La Chèze, Corlay et Evran). Les socialistes prennent le canton de Rostrenen au PCF et dans le cadre d’un accord départemental une écologiste devient conseillère générale du canton de Perros-Guirec.