Départementales : L’analyse de Vincent Le Meaux

Retrouvez dans cet article l’interview donné à Ouest-France au lendemain du 2ème tour des élections départementales

Quelles sont les raisons de cet échec selon vous ?

Nos concitoyens sont attentifs à ce qui se passe dans le pays d’un point de vue économique et social. Beaucoup d’inquiétude et de déception se sont manifestées même si nous sommes parvenus dans l’Ouest du département à les juguler et apporter des réponses rassurantes. Mais il y a eu un contexte institutionnel nouveau : les gens n’ont pas compris ce mode de scrutin peu lisible avec des interrogations sur l’échelon départemental. Le peuple de gauche s’est donc senti désemparé. Et puis malgré ma volonté depuis le départ de rassembler, la gauche est partie désunie sur des prétextes nationaux ou institutionnels. La droite, elle, l’a réussi cette union nécessaire pour gagner en faisant une campagne contre le PS. On voit la différence : sur cinq cantons où la gauche était unie (un canton avec les Verts, un avec le PC et trois avec l’UDB), on a porté haut le score dès le 1er tour. Je suis triste pour des territoires comme ceux de Guingamp, Trégueux où la gauche est pourtant très ancrée…

Quelle part de responsabilité endossez-vous dans cette déroute ?

En tant que leader, j’ai parcouru tout le département depuis cinq-six mois. J’ai senti les difficultés de la population, des militants. J’ai essayé de convaincre que l’union était nécessaire. Je n’ai sans doute pas poussé assez loin ces discussions avec mes propres camarades en voulant respecter leur position et celles de nos partenaires. J’aurai pu faire preuve d’autorité, j’aurai peut-être dû le faire dans certaines situations pour parvenir au rassemblement. J’ai entrepris et réussi cette démarche dans mon canton avec le PC, nous avons gagné.

Comment voyez-vous votre rôle désormais au sein de l’opposition ?

Je n’ai pas les mêmes valeurs républicaines que la droite. Il va falloir qu’elle propose un chef pour le département. Je sais qu’ils ont un peu de mal à savoir qui peut prétendre à ce rôle. J’attends de voir leur programme malgré l’union de façade. Ils vont devoir proposer des projets de gestion et de politique. Ils ont sept mois pour préparer un budget. Nous serons attentifs, constructifs dans nos démarches de débat. Maintenant, j’attends des certitudes sur la gestion du monde associatif, sportif et culturel local. J’attends leur position claire sur les contrats de territoire et les partenariats avec les communes et les intercommunalités.