Cochon qui s’en dédit !

Alors que le président de la FNSEA demande 3 milliards d’euros d’investissements sur trois ans pour que l’agriculture française « retrouve la compétitivité perdue » et se prépare à manifester le 3  septembre à Paris sur ce thème et après les récentes manifestations en Bretagne, la fédération du parti socialiste des Côtes d’Armor tient à préciser sa position.
Tout d’abord, Notons tout de même que les crises se suivent et se ressemblent (hier les œufs, la volaille export, la dinde, le lait ou les bovins, pression de la grande distribution, fluctuation des matières premières et enfin la concurrence européenne) et laissées sans solution en héritage au nouveau gouvernement! Ah si !une loi dite de modernisation de l’économie devait, en contrepartie de la fin des quotas laitiers, mettre en place une contractualisation sur les prix dans les filières. La seule initiative de ces amnésiques fut de créer un système par entreprise donnant tout pouvoir aux industriels et à la grande distribution! Les producteurs et les salariés sont ainsi ramenés à «une variable d’ajustement ».
Nous devons tout d’abord continuer à mettre en place la solidarité envers les éleveurs en détresse (Plus de 250 éleveurs de porcs dans notre département). Malgré cette situation dramatique on ne peut en aucun cas justifier ou excuser la violence observée envers les biens et les personnes ces dernières semaines et qui dresse l’opinion publique contre les éleveurs !
Saluons aussi la réactivité du gouvernement et tout particulièrement du Ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll débloquant des aides directes, des allégements de charges, des aménagements sociaux et fiscaux, une intervention de la Banque publique d’investissement et multipliant les rencontres et tables rondes permettant d’obtenir des accords sur les prix ce qu’aucun ministre n’avait obtenu ! À long terme, la mise en place du plan Agricole Agroalimentaire Alimentation pour la Bretagne (P3A), la loi d’avenir, le plan de soutien des filières (Investissements, méthanisation, export, circuits courts, modernisation des exploitations, agro écologie, contrôles qualité des importations, origine des produits, CICE environ 1700 euros pour chaque emploi au Smic, Smic allemand…) sont de nature à enfin apporter des réponses structurelles et donner un avenir à l’agriculture.
Le parti socialiste appelle au dialogue et que chacun assume ses responsabilités. Il est indispensable que les filières, tout particulièrement en Bretagne, s’organisent et n’aillent pas en ordre dispersé solliciter des demandes… antagonistes ! Nous demandons le maintien d’un outil de transparence du marché avec l’obligation des achats des invendus et de règlement des éleveurs ! Il faut poursuivre l’action afin de reconquérir le marché intérieur et aussi adapter La filière porcine française qui se fait tailler des croupières par ses homologues européens en raison de l’inadaptation de l’offre des abatteurs à la demande des salaisonniers ou des distributeurs (Achats jambon en Espagne, autres morceaux au nord de l’Europe…).
Enfin n’oublions pas que la politique agricole se décide avant tout à Bruxelles et que lors du conseil européen sur l’agriculture du 7 septembre la France demandera la levée de l’embargo russe sur les produits agricoles européens, notamment sur le porc, le financement de mesures de stockage et d’intervention sur le porc et le lait et sur l’étiquetage des viandes surtout l’origine des produits transformés (75 % des débouchés du porc!). Il faut aller de l’avant et réfléchir à une vraie contractualisation (règles aux USA, Italie, Royaume Uni…) et en finir avec cette volatilité des prix. Il faut aussi (après l’obtention du SMIC allemand) agir sur les distorsions sociales (travailleurs détachés) et fiscales (à condition que toutes nos entreprises jouent aussi le jeu). Il faut effectivement agir vite car d’autres nuages apparaissent du côté de l’Asie et notamment sur le lait.
La Bretagne a su s’adapter et les mutations sont en cours avec aussi des résultats positifs (plats préparés, salaisonneries, qualités, circuits courts, filières biologique etc..)… En 2013, le pacte d’avenir et naguère la charte pérenne ont démontré que les acteurs sociaux économiques peuvent construire ensemble un avenir pour la Région. Nous devons continuer dans cet esprit.

 

Fédération socialiste des Côtes d’Armor