L’intervention de Vincent Le Meaux, Premier Fédéral, à la Fête de la Rose à Pleguien

Chères Camarades, Chers Camarades,

Chère Ségolène Neuville,

Il y a 15 mois les Françaises et les Français élisaient un Président de la République pour se sauver du nationalisme d’extrême droite. S’en suivirent des élections législatives qui bouleversaient profondément le paysage politique. Les Partis, dits traditionnels, qui durant plus de 40 ans animaient la vie politique de notre pays ont collapsé. On nous donnait alors pour « mort »…

Effectivement, Nous n’avions pas réussi à organiser de Fête l’an dernier. Le Cœur n’était pas l’ouvrage. Chagriné et frappé par les nombreuses trahisons, il vivait, le croyait-on, peut être ses derniers battements. Et puis, aujourd’hui nous sommes là, à Pléguien ! Rassemblés et bien vivants. Cette rentrée, pour difficile quelle fut pour le pouvoir macroniste, est pour nous le temps du rebond et de la clarté.

Alors, ce n’est pas un retour sur la scène politique car nous n’avons jamais disparu. « Nous reconstruire » disions- nous dès septembre 2017. Nous y travaillons depuis et j’ai pu constater depuis, le frémissement de ce mouvement de reconstruction. Ici en Côtes d’Armor, ce frémissement prend désormais des allures de bouillonnement.

Je ne doute pas que Loïg Chesnais Girard et nos camarades socialistes œuvrent utilement pour la Bretagne. L’action centrale des socialistes à la Région, catalysent les forces et dynamiques bretonnes pour une terre innovante et créatrice. Nous avons pu le vérifier lorsque Loïg est venu le 6 septembre devant une centaine de militants à la Fédération.

A la Fédération, toujours devant des militants attentifs, nous avons dressé, lundi dernier, avec nos camarades socialistes du Groupe socialiste et républicains, le bilan à mi-mandat du Conseil départemental d’Alain Cadec qui revendique encore son nouveau souffle de Droite! Soufflons donc les bougies de 2 an 1⁄2 de gestion du centre et de la Droite… et c’est un département, déjà, à bout souffle qui risque de sombrer en léthargie, par manque d’audace et d’ambition !

Et je vous le dis, et dites-le aux Costarmoricaines et Costarmoricains, le « Côtes d’Armor Magazine », distribué dans vos boites à lettre la semaine dernière, est une œuvre d’autopromotion éhontée ! Sur la base d’usurpation de projets et de propagande électorale, la droite départementale s’arroge toute une série de réalisations décidées et financées par la majorité de Gauche (un exemple : sur les 9 collèges mis en avant dans la propagande, 8 sont de la seule et unique responsabilité de la Gauche Unie)…

A 10 mois des élections européennes, Alain Cadec candidat aux Européennes, se vante ainsi de son bilan… bilan qui n’est autre que le fruit du travail des socialistes pour les Côtes d’Armor ! Ce mélange des genres, cette propagande électorale sera dénoncée… et nous pouvons compter sur Christian Coail, et nos camarades du Groupe Socialistes et Apparentés pour rendre public cette grossière manipulation.

Dès lundi prochain, soyons à leur côté lors de la session de rentrée politique au département, pour montrer notre attachement au Département des Côtes d’Armor, à son utilité, à avenir. Cette reconstruction méthodique se structure également en interne, dans notre Fédération. La révolution organisationnelle est en œuvre : dix sections désormais avec des pouvoirs renforcés pour la commission administrative et son secrétaire de section. C’était un objectif de la refondation de notre fédération réfléchie depuis juillet 2015. C’est chose faite, depuis le 1 er juillet 2018.

Désormais, il ne faut plus perdre de temps ; créons tous les autres réseaux nécessaires, locaux et d’élus socialistes et apparentés qui veulent écrire une nouvelle page de Gauche en faveur des gens de nos villages, bourgs et villes ! Concrètement, je souhaite mener avec les dix secrétaires de section, la conquête du cœur et de la raison des Costarmoricains et des Costarmoricaines.

Sur la base des bassins de vie qui se structurent autour des huit communautés, les Socialistes costarmoricains doivent être à l’écoute de leurs concitoyens pour bâtir des projets de vie innovants et solidaires. A gauche, nous avons été les moteurs des dynamiques territoriales depuis 1977 ! Pour 2020, les socialistes doivent être les bâtisseurs des nouvelles ententes territoriales !

Si nous nous en donnons les moyens, avec humilité, avec surement nos partenaires traditionnels, mais surtout avec la société culturelle, sportive, environnementale, entrepreneuriale, costarmoricaines… la Gauche réussira. Les gens commencent à nous le dire doucement : ils nous attendent un peu… pour changer la vie concrètement dans nos communes et intercommunalités.

C’est un chantier que je lance là, avec les membres du Bureau fédéral, la semaine prochaine. Et ce travail, je le décline immédiatement de manière décentralisée, dans les dix sections avec l’ouverture de dix chantiers territoriaux : CAP 2020 – les Côtes-d’Armor en HAUT et à GAUCHE.

Tout seul, nous n’aboutirons pas. Ni de la rue Maréchal Foch, même avec des partenaires zélés. Non. Pour mener ces batailles électorales, nous avons besoin d’un engagement fort et d’une dynamique inébranlable de nos instances nationales. Ne cafouillons pas sur nos fondamentaux socio-démocrates ou sur des inventaires qui nous enferment dans de lasses et vaines discussions d’entre soi.

Le temps est à la remobilisation pour la France ; pas pour nous même. Pour les Français ; pour notre vision du progrès en Europe ! Le mouvement de renaissance doit donc aller encore plus vite. Nos querelles passées, nos divisions, nos hésitations ont certes atteint notre crédibilité, mais en cette rentrée, ayons un discours clair et rassembleur.

Sur le pouvoir en place. On nous avait promis un nouveau monde. Certains, y compris dans nos rangs, ont pu y croire. Mais l’illusion n’a duré qu’un court temps. Le pouvoir est en difficulté. Bousculé depuis cet été par l’affaire Benalla, la démission de Nicolas Hulot, la retraite annoncée de Gérard Colomb… En cette fin septembre, Emmanuel Macron et son gouvernement sont plus contestés que jamais.

Y compris dans leurs propres rangs. Moi, je ne rencontre plus de macroniste ; quelques MODEM à la rigueur qui prennent leur quartier d’été à GUIDEL, où se réfugient d’ex-Socialistes. Le parti majoritaire a lui-même montré ses tiraillements internes, lors du vote de son nouveau président de groupe à l’Assemblée – un homme, que nous connaissons bien en Centre Ouest Bretagne, parfaitement dans la ligne présidentielle, mais mal élu par ses compagnons de marche.

Alors pour faire oublier sa mauvaise passe, le gouvernement insiste beaucoup dans sa communication sur les éléments progressistes que comportent les lois Pacte et de lutte contre la fraude fiscale. Emmanuel Macron et la ministre Agnès Buzyn ont présenté cette semaine le plan censé structurer l’offre de soins en France « pour les cinquante années à venir ». Mais ce plan ne répond pas à la crise aiguë que traverse l’hôpital public. Et que dire de l’Éducation nationale ? L’annonce de la suppression de 1 800 postes a provoqué la colère des syndicats, qui s’inquiètent des conséquences de ce choix dans le secondaire.

Ce qui caractérise ces 15 mois de gouvernance « En même temps », c’est avant tout un affrontement général avec notre société. Une certaine précipitation prévaut, une absence de dialogue ou son simulacre, heurte les partenaires sociaux et les Français eux-mêmes. Finalement, ce nouveau monde trouve ses limites dans son géniteur : l’autoritarisme du chef et son glissement constant vers la droite libérale, le ramènent vers un classique de la politique, une sorte de thatchérisme « en même temps » giscardisé.

Pour nous socialistes, face à ce nouveau monde qui se finit déjà, notre responsabilité est d’incarner une opposition, exigeante et raisonnable, ayant la volonté de proposer une alternative de progrès. Le fondement de cette société sur lequel elle doit se construire reste pour nous : l’humanisme et le progrès social.

Mais surtout, mes chers Camarades… surtout prenons en compte que le monde a profondément changé. Nous voulons toujours construire une société avec plus de solidarité vis-à-vis des plus faibles, plus d’égalité entre tous, plus de respect pour notre planète et plus de sécurité pour tous. Mais nous devons prendre en compte, les lourds changements de paradigmes dans une conscience collective qui s’est brutalement mondialisée.

Parce que c’est une urgence, la transition écologique est une priorité absolue pour l’avenir de nos sociétés ainsi que la lutte contre le réchauffement climatique. Notre projet doit avoir la capacité de porter cette mutation sociétale profonde combinant les performances de l’économie, de l’écologie et du social.

Nous devons réaffirmer la nécessité d’une République décentralisée pour porter localement des projets durables dans les collectivités locales. C’est un projet que nous défendons depuis tant d’années ! Nos élus en lien avec nos concitoyens peuvent mobiliser toutes les énergies nécessaires, créer de nouveaux liens pour de nouvelles actions.

Le combat pour l’égalité entre tous et surtout l’égalité entre Hommes et Femmes, est permanent face à la rémanence des discours obscurantismes ragaillardis par l’Amérique de Trump. Ce combat nous devons l’étendre à l’Europe. La place des femmes dans nos sociétés européennes, le droit à la contraception, à l’avortement pour toutes les femmes, lutter contre les violences, promouvoir le droit à la différence dans l’indifférence…

L’internationalisme est plus que jamais notre issue collective. Porteur de valeurs universelles, il est ce qui permet de dépasser le débat national et oblige à prendre prioritairement en compte ce qui est l’intérêt de l’humanité. Nous nous opposons aux replis nationalistes, populistes que nous voyons naître en Europe.

L’Europe justement, elle est et reste notre avenir. Alors que nationalistes et populistes retrouvent le devant de la scène, ceux-là, à peine légitimes ou crédibles, menacent le projet Européen en se drapant dans le costume du seul recours possible à la politique libérale de l’Union, le débat qui se présente à nous ne peut se circonscrire à celui du Pro ou du Contre ! A Progressistes macroniens contre Nationalistes Salvinistes.

Notre projet est de proposer la construction autrement l’Europe avec les citoyens. Face aux grands blocs Russe, Chinois, Nord-Américain, l’Europe ne pourra pas tenir si l’émergence des nationalismes et des populismes s’amplifie et accélère le repli des Etats-Nations sur eux-mêmes. Le Royaume Uni, la Hongrie, l’Autriche, l’Italie en particulier sont de sévères avertissements de repli identitaire qui affaiblissent l’Union face aux puissances mondiales.

Pour défendre l’idée de l’Europe de Progrès, il y a un besoin de gauche. Pas besoin de ces faussaires qui tentent d’usurper le camp du progrès. Pas besoin de ces révolutionnaires marseillais des fins d’après-midi qui, à minuit, sert piteusement la main du pouvoir ! La France a besoin de la gauche socialiste, social-démocrate incarnée par le PSE. Le Bureau national dernier l’a clairement dit mardi dernier ! Nous pouvons en être fiers !

Alors Chers camarades, chère Ségolène, Apportons des réponses aux questions d’aujourd’hui ! Assumons ce que nous avons bien fait ! Reconnaissons nos erreurs ! Acceptons de retrouver celles et ceux qui un instant se sont éloignés de nous. Soyons fiers de ce que nous sommes, femmes et hommes de progrès, socialistes. Soyons ambitieux, utopistes. Et surtout… Croyons encore qu’il nous est toujours possible d’être des militants du progrès œuvrant pour chacun et agissant pour tous. Que vive la Rose ! Vive les Socialistes !

Vincent Le Meaux