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C’est d’abord un texte tronqué, qui n’aborde pas la question des formations supérieures, alors que sont choquantes la grande misère et la paupérisation de nos universités. Les moyens accordés aux laboratoires de recherche et aux universités devraient être mieux équilibrés.
Ce débat n’a apporté aucune véritable avancée significative. Les quelques bonnes idées du texte (Haut Conseil de la Science et de la Technologie, pôles de recherche et d’enseignement supérieur) sont trop floues et n’ont jamais été précisées.
Ce texte entretient une confusion regrettable. Une politique efficace d’innovation suppose un bon système de recherche s’appuyant sur la recherche fondamentale.
Les grandes orientations scientifiques d’un pays doivent, à notre sens, découler des avancées de la science, et non des aléas politiques.
Chacun s’accorde sur le constat de manque d’attractivité des métiers de la recherche, du gâchis que constitue la fuite des cerveaux, du manque de reconnaissance du doctorat dans le monde du travail. Pourtant le Gouvernement n’a jamais voulu indiquer combien d’allocations de recherche seront attribuées et quel sera le montant de l’indemnité versée.
Alors que les députés ont souhaité que le montant de cette allocation soit fixé à 15 fois le SMIC net, (environ 1 500 € en 2005), le Gouvernement a refusé de s’engager clairement sur ce point. La situation des doctorants, mais aussi des docteurs qui vont d’ATER en emplois précaires est indigne d’un pays développé. Que penser d’un gouvernement qui demande à Bruxelles une baisse de 2,5 milliards d’euros de TVA, mais qui refuse de consacrer 25 millions d’euros (cent fois moins) à l’amélioration de la rémunération de ses doctorants ? Cette politique est suicidaire, car nous manquerons, demain de cadres scientifiques. La proposition du Parti socialiste d’augmenter de 10 % par an le budget de la recherche, jusqu’à atteindre 3 % du PIB était, en fait, la seule crédible.
Enfin, le fait d’avoir occulté dans ce texte la coopération européenne en matière d’enseignement supérieur et de recherche illustre le double discours du Gouvernement. Comment s’étonner que l’Europe prend du retard dans la maîtrise des technologies clés (informatique, biotechnologies), au moment où la France refuse les propositions anglaises d’augmenter le budget européen et de consacrer 75 milliards d’euros au 7ème Programme Cadre pour la Recherche et le Développement Technologique.
Ce texte ne prend pas en compte les grands enjeux scientifiques de notre siècle, il ne respecte même pas les promesses de l’actuel Président de la république et du Gouvernement, il ne donne pas de véritable souffle à notre système de recherche, il oublie les universités. Le groupe socialiste a voté contre son adoption, car ce projet n’a pas pris la mesure des rendez-vous de notre pays avec le futur. Le pari de l’intelligence sera la puissance de demain et nous y consacrerons toute notre énergie.
Laurent OLLIVIER |