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Le Président Lebreton a rappelé une "situation sociale marquée par de fortes inégalités", et le rôle central du Département en matière de solidarité, le cœur de sa mission : "Pour l'heure et pour nombre de nos concitoyens, la situation se résume par deux mots : pauvreté et misère. Pauvreté, pour des millions de familles dans notre pays, privées d'emploi, privées de logement, privées d'espérance. La solidarité exige de notre part une intervention de terrain toujours plus forte, un travail de proximité toujours plus important, et - nous le savons - des crédits à la hauteur des enjeux sociaux qui se dessinent."
Le Président du Conseil général a ainsi fait un tour d'horizon des "grands chantiers qui s'ouvrent à nous pour l’année à venir. Ils témoignent tous de notre volonté d'agir concrètement sur le quotidien des Costarmoricains. Ces mois qui s'ouvrent témoignent aussi d'un travail abondant de notre Conseil général qui nous conduit à agir sur de nombreux fronts : Les solidarités sociales, territoriales, et internationales. L'emploi et le développement économique. La formation et la citoyenneté. L'environnement. La réalisation des grandes infrastructures d'envergure départementale et régionale."
Concrètement, cela recouvre :
- la mise en œuvre des actions de la Maison Départementale des Personnes Handicapées, et l'élaboration des schémas départementaux des personnes handicapées et de la petite enfance, ainsi que l'engagement du Département aux côtés de Martin Hirsch dans des expériences d'insertion en faveur des allocataires des minima sociaux ;
- la diversification de notre tissu économique, gage de nouveaux emplois et d'attractivité, avec l'engagement dans les pôles de compétitivité, et la volonté de tendre une passerelle entre le monde économique et celui de l'insertion professionnelle ;
- s'agissant de la formation, le développement d'actions en direction de la jeunesse, bien au-delà des politiques en faveur des collèges ;
- la solidarité territoriale aussi, avec la volonté de faire de la politique de développement durable des territoires le moteur des actions du Conseil général.
Après avoir brossé ce tableau, Claudy Lebreton a conclu : "Prendre les bonnes décisions en 2006, c'est agir pour ce quotidien, c'est aussi concevoir des projets qui détermineront durablement notre futur. En lançant Côtes d'Armor 2020, j'ai la volonté d'offrir à notre département et à ses habitants ce temps d'avance pour définir collectivement des Côtes d'Armor durables, solidaires et dynamiques."
L'intervention de Vincent Le Meaux a fait écho aux propos du Président, révélant, s'il en était besoin, cette volonté partagée d'action : "Notre pays traverse une grave crise sociale et territoriale. Les satisfactions que retire le Gouvernement de son action, se font toujours au détriment des citoyens et des collectivités (…) Nous mettrons donc ces deux jours de session à profit pour l'enrichissement de notre réflexion collective et faire ainsi avancer notre collectivité vers le développement solidaire et durable du territoire costarmoricain."
Valérie BERTHIER-LEVIF
* vous pouvez retrouver l'intégralité des débats des 25 et 26 septembre sur le site du Conseil général : www.cotesdarmor.fr
L'AGRICULTURE AU CŒUR DES DEBATS
Claudy LEBRETON a voulu donner un relief particulier à la Session d'Automne, en organisant un grand débat sur l'avenir de l'agriculture costarmoricaine, en prélude à "Côtes d'Armor 2020".
La session extraordinaire du Conseil général sur l'agriculture était attendue. En témoigne le public venu nombreux assister au débats. La matinée a été consacrée aux exposés d'éminents spécialistes : Gilles-Eric Seralini ( De l'éthique du vivant à la production agricole ; Jean-Louis Rastoin ( Prospective agroalimentaire : quels scénarios pour la France et l'Union Européenne ?) et Bertrand Hervieu ( Quels scénarios d'avenir pour l'agriculture costarmoricaine et quelles responsabilité pour les acteurs?). La qualité de ces interventions a été unanimement appréciée pour leur clarté et leur richesse.
L'après-midi, a débuté par le compte-rendu des travaux de la Commission de l'Agriculture. Sous la présidence de Jean LE FLOC'H, plus de 40 heures d'auditions ont été réalisées. Au cours des débats, chacun a pu prendre conscience de la complexité du dossier, et souhaite maintenir l'espace de dialogue et de confrontation des idées qui s'est ouvert. Des orientations se sont dégagées, fondées sur la conviction que la volonté politique permet d'agir aussi au niveau départemental ou régional, et basées sur le travail commun avec les partenaires pour bâtir des politiques publiques partagées : la valorisation d'espaces d'actions, l’investissement en formation initiale et continue, la présence sur les marchés porteurs, l'accompagnement d'une agriculture à visage humain, la volonté de gagner la bataille de l’environnement avec des actions fortes.
Extraits des interventions:
Intervention de Claudy Lebreton
"En tant que citoyens et consommateurs, nous sommes tous redevables au modèle agricole breton de l'essor économique de notre région de ces trente années écoulées. La mission qui lui a été assignée par la France et par l'Europe en vue de nourrir nos concitoyens, cette mission là a été remplie et bien remplie. Une agriculture toujours plus productive, généreuse en produits de base, à l'initiative d'une filière dynamique de l'amont à l'aval. Une agriculture conquérante qui a su prendre appui sur le progrès technique, mais aussi sur des progrès génétiques et la qualité sanitaire. Mais notre agriculture, se trouve aujourd'hui à la croisée des chemins. (…) C'est surtout dans la cohérence de ses aides que notre collectivité est appréciée. Nos soutiens vont dans le sens d'une agriculture nombreuse, répartie sur l'ensemble de ses territoires. Une agriculture qui relève le défi environnemental. Une agriculture qui se diversifie pour répondre sinon anticiper les mutations économiques."
Intervention de Vincent Le Meaux
"… les enjeux décisionnels ne se trouvent ni à Saint-Brieuc, ni à Plérin, mais plutôt à l'OMC et dans les couloirs de la Commission à Bruxelles. (…) Le département des Côtes d'Armor a bâti son développement sur l'économie florissante de son agriculture et de l'agroalimentaire. Elles ont été des atouts majeurs pour son essor et elles participent toujours aujourd'hui à la création de sa richesse ici dans le département et globalement pour notre pays. (…) Mais cette évolution a bouleversé le paysage économique, social et environnemental, avec des conséquences qu'on n'a pu mesurer que ces dernières années. (…) La réflexion porte donc sur des considérations très vastes et d'autres plus précises :
- Nous devons avoir à l'esprit que l'agriculture est insérée dans une économie mondiale et financière, mais nous devons rappeler qu'elle est destinée en premier lieu à nourrir toute l'humanité, mais on en est encore loin, en Afrique, mais aussi dans le quart-Monde !
- L'agriculture doit aussi répondre à la demande de plus en plus forte de produits issus de production bio, durable, en lieu direct avec le territoire, et des produits touristiques.
- On attend aussi l'agriculture sur les questions environnementales et notamment sur la production des énergies durables ou positives (filière bois) et des formes d'éco-construction. (…)
L'agriculture costarmoricaine a des atouts. (…)" |